Ils constituaient autrefois une véritable spécialité de maçonnerie. Il faut reconnaître que les murets de pierres sèches qui quadrillent les paysages de nos terroirs ont su, depuis des siècles, résister au temps.
En fait, un mur de pierres sèches est plus difficile à réaliser qu'un mur en briques ou en parpaings. Il faut choisir et disposer les éléments avec beaucoup d'art pour que le tout forme un ensemble homogène. Si vous désirez tenter l'expérience, commencez de préférence par un muret bas que vous pourrez par exemple décorer de quelques plantes cultivées dans des poches de terre ménagées entre les pierres.
Les moellons utilisés ne reçoivent pas de taille élaborée. Une pierre se caractérise par sa résistance à l'écrasement: les plus dures sont dites de « banc franc » ; les plus tendres, de «banc tendre ». Voici quelques exemples.
Les granits, les porphyres, les basaltes et les laves sont des pierres dures, remarquables par la finesse de leur grain et par leur couleur. Très lourdes (2,5 tonnes au m3), elles sont utilisées dans tous les massifs montagneux.
Les grès sont plus tendres et conviennent bien pour les murs de clôture; ils sont aussi moins lourds (2 tonnes au m3).
On utilise aussi la pierre meulière (abondante en région parisienne) qui est encore plus légère (1,5 tonne au m3).
Un mur de pierres sèches est lourd et a donc besoin de fondations solides. Pour améliorer la stabilité de la construction, la base doit être plus large que le sommet. Les deux côtés sont donc montés en retrait de la verticale. On nomme ce retrait le « fruit » du mur. Si les pierres sont jointes au mortier, le fruit est assez faible, de l'ordre de 1 cm par mètre. Dans le cas présent (murs de pierres sèches), le fruit est beaucoup plus important, de 10 à 20 cm par mètre.
Elle ne dépassera pas huit fois l'épaisseur de la base au maximum. Les murets de clôture de ce type n'excèderont pas 1,30 m pour une épaisseur à la base de 0,60 m.
C'est la forme des pierres qui décide de leur position dans le mur. Les gros blocs peuvent être empilés, avec des cales plus petites. Les moellons de taille moyenne peuvent aussi être empilés sans remplissage central.
Pour les fondations, sélectionnez des pierres assez larges et plates, d'épaisseur sensiblement égale. Disposez les en périphérie de la fouille (qui n'aura pas besoin d'être aussi importante que pour un mur maçonné: 15 cm de profondeur suffisent). Remplissez ensuite les espaces intérieurs avec des pierres plus petites. Ne les déversez pas pêle mêle, mais disposez les l'une après l'autre afin que l'ensemble soit compact. Tassez ensuite le tout avec une dame ou un madrier.
Pour plus de facilité, triez les moellons en plusieurs tas, selon leurs dimensions. Sélectionnez ceux qui présentent des faces perpendiculaires pour les placer aux angles.
Travaillez en vous guidant sur des cordeaux. Placez de temps en temps des blocs qui occupent toute la largeur du muret (en boutisse). Montez le mur assise après assise, en montant progressivement les cordeaux tendus entre des piquets. Décalez au mieux les lignes de joints pour éviter que ces derniers ne soient superposés, ce qui constituerait une ligne de fracture possible.
L'assise faîtière est constituée de pierres plates, destinées à empêcher la pénétration de l'eau de pluie à l'intérieur du muret. Placez pour finir une rangée de pierres plus décoratives et à peu près semblables pour constituer le couronnement (ou chaperon).