Préparation du mortier - Maconnerie

Le mortier est obtenu en mélangeant un liant (ciment et/ou chaux), du sable et de l'eau.

CIMENT OU CHAUX: LE CHOIX DU LIANT

Les mortiers de ciment sont très résistants mais ils manquent de plasticité et sont, pour cette raison, difficiles à mettre en œuvre; en séchant, ils deviennent imperméables mais ils se fissurent assez facilement. Ils peuvent être utilisés pour les scellements.

Les mortiers de chaux se caractérisent au contraire par leur grande plasticité; ils sont gras, onctueux et faciles à mettre en oeuvre. En séchant, ils restent perméables à l'eau et sont assez friables. Les mortiers de chaux étaient autrefois les seuls à être utilisés dans la construction. Ils conviennent bien à l'assemblage de briques pour les murets ou les petits ouvrages.

Les mortiers bâtards sont faits à base de ciment et de chaux. Ils conjuguent les qualités des deux liants: plasticité et résistance. Ce sont les plus utilisés pour l'assemblage des briques ou des moellons.

QUEL SABLE EMPLOYER?

Entrant dans la fabrication du mortier, le sable lui donne sa consistance. On doit utiliser un sable fin (plus il est fin et plus il faudra de ciment) et parfaitement propre, sans trace de boue ou de terre. Si vous avez des doutes sur la propreté du sable, il faut commencer par le laver à grande eau. Les sables les plus employés sont les sables de carrière et de rivière.

L'EAU

C'est l'eau qui provoque la prise du produit. L'auge dans laquelle le mortier est préparé ne doit pas l'absorber sous peine de voir les proportions modifiées. C'est pourquoi il faut utiliser une auge en plastique.

Il faut utiliser de l'eau propre et froide, car la chaleur accélère la prise des liants. L'eau du robinet convient.

LES BONNES PROPORTIONS

On parlera de proportions, c'est-à-dire du rapport entre les volumes des différents composants, car il n'est pas simple de peser les produits sur un chantier.

Le dosage des ingrédients entrant dans la composition du mortier dépend de l'utilisation prévue pour ce dernier, donc de la résistance exigée. Un mortier grossier comporte beaucoup de sable: il est moins résistant qu'un mortier fabriqué avec une proportion de ciment plus importante.

Le foisonnement du sable ou le tassement du ciment, l'influence de l'humidité atmosphérique, la qualité de l'eau sont autant de facteurs qui peuvent modifier les volumes et la qualité du mortier. Aussi les proportions indiquées ne sont-elles qu'approximatives.

Pour doser le plus correctement possible, utilisez le même récipient pour les différents composants. Servez-vous par exemple d'un seau ou d'un pot de yaourt selon les quantités de produits que vous devez fabriquer. Certains fabricants proposent un sac doseur bien pratique (Sb Mercier).
Les quantités de sable peuvent être un peu plus importantes pour les enduits car ils n'ont pas besoin de présenter les qualités de résistance mécanique exigées pour un mortier qui solidarise des matériaux de construction; la couche d'accrochage de l'enduit (gobetis) doit être néanmoins assez fortement dosée en ciment pour bien adhérer au support.

Pour les chapes, on a besoin d'un mortier très résistant, donc d'un produit fortement dosé en liant (généralement 10 kg de ciment pour 10 litres de sable).

LE LIEU DE GÂCHAGE

Le choix du lieu et des moyens de gâchage dépend des quantités de mortier à fabriquer.

Quand on en a peu à préparer (pour les scellements ou les petits travaux de réparation), le mortier est gâché dans une auge en matière plastique bien propre pour éviter qu'aucune impureté ne vienne se mêler à la pâte.

S'il est nécessaire de gâcher plusieurs sacs de ciment en même temps, il faut le faire sur le sol, en interposant une feuille en matière plastique assez épaisse (ce qui évite de salir les sols cimentés ou la pelouse et ce qui préserve les produits entrant dans le mortier). Veillez à ce qu'aucun brin d'herbe ou parcelle de terre ne vienne souiller le mélange (il faut toutefois ici faire exception et citer par exemple les maisons en bauge normandes, dont on procède à la rénovation des façades avec un en­duit fait de chaux, de terre et de fibres végétales tels que les joncs ou la paille).

Il existe aussi de grands bacs plats en matière plastique, très pratiques, qui permettent de gâcher de grandes quantités.

D'une manière générale, le lieu de gâchage doit se situer près du chantier pour que le mortier soit mis en oeuvre rapidement.